dimanche 1 décembre 2013

Dossier génétique d'une oeuvre littéraire: les brouillons d'écrivains


I. INTRODUCTION: Le Brouillon

- Base rédaction
- 1er version d’un écrit qui sera mis au net
                - 1er brouillon 1551
- Divers supports: feuille papyrus, tablettes bois ou cire… + Famille manuscrit & imprimé
- Etymologie: "Brouet", "Brouillon" ➔ mot germanique brod
- Brouillon ⇒ bouillonnements pensée/  témoin hésita°  + bloc./ renonc. + reprises/ trouvailles + recherches 

- Attitude variable écrivains:
  • Détruisent brouillon
  • Conservent brouillon dans leur totalité
- Brouillon  révèle visage plus authentique de l'écrivain

II. PROBLEMATIQUE: 
Comment améliorer son brouillon? Comment l'écrivain organise-t-il son travail préparatoire et son oeuvre?


III. DEVELOPPEMENT:
Nous avons choisi 3 brouillons différents; l'un désordonné, l'autre avec des dessins présents et enfin un dernier plutôt ordonné. Nous avons pris cette décision afin de pouvoir comparer trois styles de brouillons différents.


1) Victor Hugo: L'Homme qui rit









- Manuscrits Victor Hugo: pas tjrs premier jet ➔ mais copie issue de matura° longue
- Partie droite page ⇒ Mise au net - Partie gauche page ⇒ "mise en réserve"
 - Marge = support autonome équivalent au 1er ➔ stimula° réécriture + dessins nés pendant moments recherche inspira° & errance main
-Aucun plan ➔ On observe modifications brouillon initial
- Hugo ➔ bc de ratures, suppressions ⇒ très désordonné
- 1er feuille ⇒ On remarque à gauche marge: une addition au texte ⇒ il fait des paragraphes.
- 2eme feuille ⇒ Hugo note fragments un peu partout sur page qui pourrons ensuite être utilisés dans chapitres
Des fragments ⇒ découpés ➔ rejoindre autre état rédaction

2) Perec: Versatilité systématique



 - Perec ne répète jms dans ses livres les mêmes systèmes, formules ou manières d'élaborer
- Feuille ⇒ feuilles volantes, copies quadrillées, carnets, cahiers, registres
  Outils ⇒ stylos, stylo à bille, crayon, feutre, surligneur, machine à écrire
  Pigments ⇒ encres noire, bleue, rouge, verte, violette, ocre  
  Graphie ⇒ grosseur & tracé
  + manipulation ⇒ biffage, raturages sucharge, découpage, agraphage etc..
-Brouillons = ordonnés& pas de plan
- Chaque page = chapitre du livre dans lequel il écrit mots-clé qui doivent y être.
-Parfois dessins envahissent presque brouillon.
"J’écris : j’habite ma feuille de papier, je l’investis, je la parcours." Georges Perec


3) Marcel Proust: À la recherche du temps perdu/ Le temps retrouvé








        - Proust écrit son texte sous forme de fragments sur feuillets de papier (formats variés)
        - Difficiles à dater & relier les uns aux autres
        - Mm type composition que Jean Santeuil:
        - Démarche:
  • Rédac° sous forme de séquences: brève & surchargées de ratures
  • Progresse par touches successives
  • Cahier tête-bêche pour commencer nouvelle esquisse sans rapport avec celles à autre extrémité
  • Réécrit plus. fois avec variantes +/- importantes (16 versions de  "Contre Sainte-Beuve")
  • Cette dactylographie ⇒ très nbreuses correc° + addit° autographes sur feuillets intercalaires
- Page à droite ⇒ premier jet // recto cahier ⇒ verso page précédente pour porter des additions
- Fil des années = accroissement # cahiers de brouillon ⇒ 75 + 4 carnets ⥑ brouillons

- 2 systèmes:
  • Phrases aide-mémoire notée→ "ajouter quelque part", "il faudra dire", "penser à mettre" 
  • Renvois à l'intérieur d'un mm cahier par des croix + signes divers ou par mentions manuscrites précises ou renvois d'un cahier à l'autre
        - "Paperolles" = longues bandes feuilles papier collées bout à bout
        - Besoin de perfectionnisme insatiable
        - Brouillons +/- propres, quelques petites ratures & quelques petits ajouts
        - On voit que l'auteur d'efforce à faire phrases

IV. LE CAS DE ZOLA AVEC L'ASSOMMOIR
  • Plan
Selon manière habituelle de travailler → Zola réunit un impt dossier, tjrs composé des memes grdes sect° :
- ébauche/plans/personnages/notes de lectures/notes d'enquêtes.

  • Travail préparatoire
Dans l"Ébauche" →  Zola (à lui-meme):
-déroule comme un plan de bataille les principales phases de son roman
-trace le destin de son héroïne (Gervaise dans L’Assomoir)
-décrit ce qu'il appelle "les phases d'existence"
-organise les épisodes
-insiste sur ce qu'il veut faire ressortir.
Après:
-Zola cherche le lieu où il va situer son action dramatique → le quartier populaire de la Goutte-d'Or
-s'y rend à plusieurs reprises depuis les Batignolles où il habite
-prend des notes très précises sur les rues et les gens, les commerces, les maisons d'habitation
-relève des croquis
  • Brouillon
Il commence à écrire le brouillon, puis réduit les chapitres (de 21 à 13 dans l’ Assomoir). Il fait un brouillon détaillé : écrit tout, puis se relie, change, jusqu’à trouver la bonne version.

V. CONCLUSION:

Les brouillons varient selon l’auteur, il peuvent être désordonnés ou propres, il peut y avoir des phrases comme il peut y avoir juste des mots et il peut y avoir beaucoup de ratures, des ajouts ou des suppressions ou encore des dessins envahissants le travaille écrit de l'écrivains même.

Le brouillon peut aussi déterminer une personne, sa manière de penser et travailler, ceci nous révèle le visage plus authentique de l'écrivains en toute sa complexité et démarche psychologique.

mercredi 20 novembre 2013

Inventer des rencontres isolites

Ecrire une rencontre entre deux personnages à la manière de Maupassant.

Boitelle

‘’Allez Madame Chocolat ! Un peu de nerf ! Y’a des bouchons qui s’entassent et faudrait penser à les j’ter ! ‘’ Madame Chocolat c’était le surnom que lui donnait son patron, une jolie manière d’atténuer, peut-être, le regard dégoûté que la plupart des clients posaient sur Agnès. C’était un brave homme, bon et intelligent, et même si au début il avait longtemps hésité à employer la négresse dans son café, il avait ensuite appris à la connaître et l’avait prise en affection. Affection sincère certes, mais qu’il ne montrait que très rarement en public. Allez savoir pourquoi. Le jugement des gens autour ?
Agnès se retrouva donc sur le pas de porte à balayer les bouchons et le sable du petit café. Elle réfléchissait au monde qu’elle avait trouvé ici, loin de toutes ces habitudes, et à celui qu’elle avait laissé ; la Côte-d’Ivoire lui manquait. Là-bas bien sûr, elle était normale. Ici non : dans un sens elle comprenait cette surprise venue des Parisiens, elle aussi avait ressenti des sentiments similaires quand elle avait vu son premier ‘’blanc’’. Ce qu’elle ne comprenait cependant pas, c’était que tous la soupesaient du regard, l’examinaient, la jugeaient, avec tant de dégoût hautain ; de quel droit se permettaient-ils certaines insultes et paroles déplacées ? D’où venait la déclaration si certaine de leur supériorité ?
Tout à coup elle sentit un regard posé sur elle. Elle se redressa et ses yeux furent aveuglés par la lumière du soleil qui lui faisait face. Puis une image se distingua peu à peu entre les rayons qui s’effilochaient. Un homme était là, en uniforme de soldat, qui la fixait. Mais pas comme les autres : ses yeux grands ouverts miroitaient de bonheur, de curiosité et d’admiration. Etonnée par la si grande attention qu’elle suscitait elle s’immobilisa, le balai dans ses mains, et le regardait à son tour, sans oser bouger, ni respirer, ni même réfléchir de peur qu’il s’en aille, qu’il arrête de poser ce regard magnifique sur elle. Elle qui etait habituée à tant de dédain ! C’etait si nouveau qu’on s’intéresse à elle avec une telle intensité.
Puis elle se rendit compte qu’elle était en tablier, le balai à la main, en train de nettoyer des ordures. Ce n’était pas un portrait des plus avantageux : mais que pouvait il bien penser ? Pourquoi la regardait-il avec tant d’insistance ? Elle avait pensé trop fort : le voila qui s’en allait à petit pas. Petits mais rapides, et il ne devint bientôt plus qu’une de ses nombreuses silhouettes au milieu des lointains rubans de brume.

Angèle C.


Le 100° exercice de style?

Décrire un château à la manière de  Raymond Queneau


Créativités

Poème

Déambulant dans mon sombre manoir
Que les fantômes avaient élu à domicile
Afin de profiter de la fraîcheur du soir,
J’errais, cherchant une pièce tranquille.
C’est alors que j’ouïs des cris perçants
Provenant certainement d’une chambre abandonnée
Ils me glacèrent instantanément le sang,
Mais suscitèrent chez moi une vive curiosité.
Au bon étage je me suis rendu,
A la porte sinistre je me suis arrêté,
Bien que tous les hurlements se soient tus
Ma curiosité ne s’était guère apaisée
Je me penchais pour regarder à travers la serrure
Et ce que j’y aperçus fut très décevant
Je ne vis que les traits familiers et bien durs
De tous les fantômes que je connaissais à présent…

Télégraphique

MANOIR SOMBRE ET FROID DONNE PAR AÏEULS. STOP. NUIT SEPTEMBRE. STOP. DEAMBULER DANS COULOIR PARMI GENTILS FANTOMES. STOP. CRI STRIDENT VENANT DE CHAMBRE ABANDONNEE. STOP. CURIOSITE SUSCITEE VIVEMENT. STOP. DEPLACEMENT VERS CHAMBRE. STOP. VOLONTE D’EN SAVOIR PLUS . STOP. ŒIL CONTRE SERRURE. STOP. UNIQUEMENT FANTOME NORMAL. STOP. FORTE DECEPTION. STOP. FIN. STOP…

Recette

1. Prendre un manoir abandonné de préférence sombre et lugubre (environ 30-35 pièces avec salon et nombreuses chambres)
2. Ajouter en remuant plusieurs pincées de fantômes biens murs.
3. Attendre cris stridents à travers une porte ( ou une fenêtre selon le manoir).
4. Approcher l’œil du trou de la serrure ( utiliser des lunettes dans la mesure du possible).
En respectant les étapes minutieusement, après 30 minutes d’attente au frais ( une nuit de septembre convient parfaitement) on obtiendra une remarquable déception.
Conseil : L’histoire est encore meilleure accompagnée au préalable d’un roman policier. A consommer avec modération dans la solitude et/ou l’ennui pour les plus curieux.
Lucile D .


v

Exercices de crimes



Hésitation

Je ne sais pas très bien où ça se passait dans une ferme, une cabane, un temple ? Une maison peut-être ? Il y avait là mais qu’ y avait-il donc là ? Des fleurs des carottes des crayons des personnes ? Un jeune homme avec une femme. Oui, je crois que c’est ça. Des gens dans une cour intérieure. Mais il y en avait un ( ou une ?) qui se faisait remarquer, je ne sais plus très bien pourquoi. Par sa triste mélancolique fuite étrange vers la salle de séjour ? Ou bibliothèque ? Cabinet ? Cabinet de toilettes ? Cabinet de toilettes au fond du couloir à droite (à gauche) ? Etrange, étrange, étrange. Il la suivit, oui c’est ça, regarda -Par où ? La fenêtre ? Le trou ?- Oui, le trou de la serrure. Cela se termina, cela finit bien par se terminer d’une façon tragique, par la mort d’un mari du mari de cette femme, Mr de Courcelles. Je crois bien que c’était lui que j’aperçus mort dans son bureau. Mais qui l’observait ? Sa fille ? Son amie ? Sa femme ? Madeleine, qui le fixait. mais Comment ? Comment ? Comment ?



Analyse logique

Demeure des Courcelles.
Cour intérieure.
Dans la cour intérieure des De Courcelles. C’est le lieu.
Huit heures.
Environ huit heures. C’est le temps.
La fuite.
Madeleine De Courcelles.
La fuite de Madame de Courcelles. C’est l’action
Homme jeune.
Curieux et surpris.
Un homme jeune curieux et surpris. C’est le personnage principal.
Une femme.
Madeleine de Courcelles.
Une femme, Madeleine de Courcelles. C’est le personnage second.
Moi.
Moi.
Moi. C’est le tiers personnage, narrateur.
Cri
Cri
Cri. C’est ce qu’il fut dit.
Mort
De Mr de Courcelles.
La mort de Mr de Courcelles. C’est le résultat



Négativités


Ce n’était ni un palais, ni une cabane, mais une demeure somptueuse.
Ce n’était ni l’aube, ni le midi, mais le soir.
Ce n’était ni un bébé, ni un vieillard, mais un jeune homme.
Ce n’était ni une vieille, ni une fillette, mais Madeleine de Courcelles.
Ce n’était ni une rencontre, ni une bousculade, mais une fuite
Ce n’était ni de la méchanceté, ni de l’indiscrétion, mais de la curiosité
Ce n’était ni une chambre, ni la salle de bain, mais un cabinet.
Ce n’était ni un trou de souris, ni ne fenêtre, mais de serrure.
Ce n’était ni une berceuse, ni un pleur, mais un cri.
Ce n’était ni de l’inquiétude, ni de la peur, mais de la stupeur.
Ce n’était ni un accident, ni une plaisanterie, mais un meurtre.
Ce n’était ni un employé, ni un invité, mais Mr de Courcelles.
Margot T.